Lundi 23 janvier 2012
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12:00
L'après midi est bien avancé. La forme enfile un jean délavé et un pull difforme. La paire de basket enfilée, la porte claque.
Les quelques mètres séparant son logement de son travail sont tête baissée et regard fuyant.
La porte de service d'un Lupanar est ouverte rapidement et la forme s'engouffre dans un couloir jauni par le temps.
Les rires des catins ne l'atteignent pas, à peine les entend t'elle.
Au milieu des étoffes et fanfreluches, elle se déshabille rapidement avant d'enfiler son costume.
Devant sa glace, elle se sert un verre de vodka qu'elle boit d'une traite avant de se maquiller. Les yeux deviennent charbonneux et la bouche gourmande. Du fond de
teint est mis sur l’intérieur des coudes, paraît que ça fait pas propre. Alors que la musique s'agite en sourdine de l'autre coté, elle croise son regard dans le miroir. Les yeux gris sont ternes
à présent, vides...
Alors que j'entame la descente d'un rêve merveilleux, le réveil est brutal. Mes yeux se posent
sur le couple près de moi...Lui et,,cette pouffe ! Je ne retiens pas le vomi qui jaillis pour les évités.
D'abord il semble surpris, pris au piège, je crois même voir un semblant de remord mais cela
passe bien vite. Ses yeux à nouveaux froid se posent sur moi quand il m'annonce d'une voix que j'entends à peine :
_ Elle, je l'aime.
J'ai la tête qui tourne, le ventre qui se tord et la bouche amère.
Je me sens mal, très mal. Mon empire vient de s'effondré. Je veux me lever, je veux partir mais
je suis si faible ! Qu'importe, il ne me verra pas pleurer, j'arrive à prendre sur moi et je sors dans la rue d'un pas rapide. Mes larmes m'embrouillent la vue. Je me cogne aux passants, aux
panneaux. J'attends et j’espère qui sortira derrière moi, qu'il me rattrapera, qu'il me dira que j'ai revé, que ce n'est pas vrai et que c'est moi qu'il aime.
Arrivée devant chez nous, chez lui, je m'effondre au sol, sur le palier. Combien de temps suis je
restée ici? Je ne sais pas. A mon réveil, il était là, une tasse de café brûlant dans la main. Il me regardait.
Accrochée à sa barre, la forme se déhanche lascivement, se caresse sous les yeux blasés et pervers des clients. Pas de sourire, à peine des regards coulés sur la
salle glauque de l'établissement. Elle attends le gros cachet. Celui qui lui permettra de s'acheter sa dose et si pour ça elle doit donner plus qu'une danse, peut importe. Un client s'agite un
peu plus loin, sortant une grosse liasse de billet. C'est pour elle. Se faisant chatte, elle avance vers lui quittant la salle et se faisant sur le trajet touchée par des mains inconnus. Prenant
l'homme au gros cachet par la cravate, elle l’entraîne vers une alcove privée. Un sourire goguenard passe sur le visage gras de l'homme avant qu'ils ne disparaissent derrières les rideaux
épais...
Le temps à passé, j'ai bien essayé de ne pas retouché a cette héroïne, mais elle avait déjà prit
le contrôle d'une partie de moi tout comme lui malgré ses trahissons même plus cachées. Je passe de moins en moins de temps consciente de se qui se passe autours de moi. Évidemment je perds mon
emploi et mes amis. Je n'appelle plus ma famille, trop douloureux. Moi qui voulais être leur fierté, je suis devenue une loque. Mais je m'accroche à lui car chaque regard qu'il me lance est comme
une bouée de sauvetage dans ma noyade. Il ne se cache même plus pour ses conquêtes, n’hésitant pas à les ramener dans notre lit en ma présence. Il faut dire qu'il me donne ma dose quotidienne,
alors je ne l’embête pas pour de simples plaisirs. Je sais qu'il m'aime, il me l'a dit.
Minuit, la forme s'éclipse un instant de la salle pour aller se faire un stick. Emmitouflée dans un vieux peignoir, elle savoure son moment. Elle est ivre, saoule,
sale...Son téléphone vibre, un sms est renvoyé, un rendez vous est prit. Quelques heures plutard, une bouteille de vodka bue et un joint roulé, collé sur l'oreille, elle quitte le lupanar pour
retrouvé son vendeur de paradis. A peine appuyé sur l'interphone, la voix tant connue lui annonce qu'elle peut entrer.
Monter ses marches si connues, qu'elle pourrait en tracer les rainures les yeux fermées, sentir dès l'escalier son parfum qui la rend dingue et arrivée devant la
porte close. Pas besoin de frappée, elle est attendue...
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