Dépendance...Partie 1

Publié le par lounna

Les étoiles s'éteignent une à une dans la couche aimante et bleuté de la nuit. Alors que la lune cède sa place au soleil comme une maîtresse quitte le lit de l'adultère, j’envoie du bout du pied volé la couverture au bout du matelas. Il dort encore, dos tourné face au mur. Ma main s'égare dans ses cheveux, descend le long de sa nuque et va se perdre au bas de dos. Sa peau défile sous mes doigts, s'offrant à mes caresses avec cette indicible indifférence habituelle. Je quitte donc l'endroit, tenant dans ma main, ma chemise froissée de la veille.

 

Assise dans la baignoire, la forme laisse couler l'eau chaude sur ses épaules. Les gouttes qui se prennent à ses cils se mélangent avec ses larmes.

Elle aimerait lavée par cette eau son mal être qui la prend à chaque fois après...

Et pourtant comme chaque jour, elle recommencera...

Le geste est machinal, prendre l'herbe entre les doigts et l’émietté dans la paume. Léché la clope et en retirer le tabac. Mélanger. Carton fait, lécher encore le papier fin.

Flamme qui éclaire un visage fin, encadré de cheveux raides, sombres, comme les cernes sous ses yeux gris clair. Volute de fumée épaisse qui s'échappe de lèvres purpurine et qui vient emplir la pièce d'un parfum caractéristique.

La tête se laisse aller en arrière, le corps se détends, un soupir de bien être se fait entendre.

La forme se laisse aller dans un bz hors d'age et de couvertures rapiécés. La pièce est propre mais désuète. Peu d'affaires personnels, quelques vêtements épars. Papiers peint défraîchis, vitres opaques.

 

 

On ne peut pas dire que ma vie fusse toujours ainsi. Il fut un temps où je travaillais, où j'avais des amis. Ma famille avait plaisir à me voir et c'était réciproque.

Et puis un jour...Il est arrivé dans ma vie.

Sa froideur attisais mes flammes. Son indifférence me consumais. Et quand il a daigné posé ses yeux sur moi, il me rendis ce jour la, la femme la plus heureuse du monde.

Pour lui, j'ai déménagé loin de mes proches. Je dois avouée que jamais il ne m'a promis quoique ce soit. Cette franchisse m'avais séduite. Tout comme son corps et son esprit.

Ah l'amour, quand tu nous tiens...

 

 

 

Le soleil perce difficilement ses rayons à travers le store branlant. Elle se relève enfin, passant une main dans ses cheveux encore humide de sa douche matinale. Direction le frigo, vide qu'elle referme lasse. La main qui se tend dès lors vers la tasse ébréchée est fine et blanche. Seuls quelques taches bleutés viennent attestés d'un réseau veineux filigrane.

Le thé est bu brûlant, à peine sorti du micro onde. Une cuillère usagée est sortie du placard avec un lacet de caoutchouc et une seringue. Assise à demi nue sur un tabouret, les gestes sont fluides et rapides. A peine tremblotant. L'aiguille vient pénétrer la veine du coude, ajoutant un nouveau bleu à la pléthore de marques déjà existantes. L'appartement s'efface et la forme s'évade...

 

Chaque jour passé près de lui me comble mais je sens confusément que quelque chose ne va pas.

Plus je le satisfait moins il me regarde. Je tente de le garder près de moi mais il s'éloigne, je le sens!

Je réponds à chacun de ses désirs et il me laisse, délaisse, rentrant chaque soir un peu plutard prétextant le travail.

C'est inexplicable ce que je peux éprouvée pour Lui. Je sais que je donne sans espoir de retour mais pourtant, dès l'instant ou il pose ses mains sur moi, il devient maître de ma destinée.

Un soir, alors que nous étions en soirée, il me dit :

_ Si tu m'aimes, piques toi et rejoins moi !

Ses yeux dans les miens, sa main sur ma cuisse, ses lèvres frôlant mon oreille, j'ai fais fis de mes principes et je me suis envolée...avec Lui.

 

 

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